L'exercice 2002 qui marque les
dix ans d'existence de la Banque a été
un exercice charnière pour au moins trois
raisons.
Premièrement parce qu'il
marque une étape dans la vie de l'IBB:
10 ans, l'âge du plein développement
et donc de réflexion sur le devenir de
la Banque.
Une réflexion que nous
avons entamée dès la fin de l'exercice
2001 et qui nous a permis d'arrêter des
stratégies pour les dix prochaines années.
Deuxièmement parce que
tout en demeurant le fidèle prolongement
des exercices écoulés en ce qui
est de l'environnement socio-économique
perturbé, l'exercice 2002 s'achève
sur une note d'optimisme avec le retour de la
croissance économique et la reprise effective
de l'aide financière internationale.
A cet effet, les premiers déblocages
sur les crédits Banque Mondiale et FMI
sont intervenus dès le mois d'octobre
2002.
Troisièmement parce que
malgré un contexte économique
difficile, cet exercice 2002 voit le maintien
du résultat de la banque au delà
du milliard de francs burundais. Il s'agit là
d'une consolidation apte à propulser
la Banque vers des résultats encore améliorés
avec la reprise de l'activité économique.
Consolidation d'autant plus
appréciable qu'elle est également
intervenue dans un contexte réglementaire
contraignant qui s'est notamment traduit par
la restriction du recours au refinancement Banque
Centrale et par le renchérissement de
son loyer, passé de 14 à 15,5
%.
Ces performances sont le résultat
d'actions multidirectionnelles basées
sur les stratégies arrêtées
depuis deux ans maintenant et qui, pour l'exercice
2002, se sont focalisées sur le strict
encadrement de l'activité crédit,
une nouvelle approche de la clientèle
devises, la maîtrise de l'organisation
opérationnelle et informatique et la
poursuite de la politique de proximité.
Démarche dictée
par l'impératif d'accroître la
productivité pour préserver la
rentabilité, malgré l'érosion
des marges et la montée des risques.
Le Strict
Encadrement de l'Activité Crédit
Face à cette montée
des risques qui se nourrit des difficultés
économiques nées de la longue
crise socio-économique que vit le pays,
la Banque a poursuivi ses efforts d'encadrement
du crédit, qualitatif et quantitatif.
Ainsi, et s'agissant du portefeuille
crédit du réseau, trois mesures
de gestion ont été prises à
savoir:
la segmentation sectorielle
par type d'activité;
la catégorisation des clients du segment
«marchés» à Bujumbura,
Ngozi, Gitega, Kirundo et Muyinga;
et la fixation de plafonds d'intervention sur
ces marchés.
Mesures aussi dictées
par la rareté des ressources Banque Centrale,
elles ont fait l'objet de réunions de
sensibilisation avec de larges fractions de
la clientèle.
Nouvelle
Approche en Matière de Ressources
Rareté des ressources
Banque Centrale, rareté des moyens de
paiement en devises, contexte qui a motivé
la Banque à développer une nouvelle
approche vers la clientèle Devises, essentiellement
les organisations non gouvernementales du domaine
humanitaire et les projets financés par
la Banque Mondiale ou l'Union Européenne.
Cette approche a principalement
consisté à mettre en avant la
qualité des services de la Banque et
le professionnalisme de ses équipes,
éléments de différenciation
majeurs de l'Interbank Burundi.
Réseau
de Distribution
Dans le même temps, le
renforcement de la collecte intérieure
s'est poursuivi avec l'extension géographique
continue de notre réseau de distribution.
En janvier 2002, démarrait
en effet notre Agence de Jabe, 11ème
site d'exploitation de la Banque, destinée
à desservir les zones de Bwiza et Nyakabiga
d'une très grande vitalité commerciale.
Comme les exercices précédents,
cette extension physique s'est accompagnée
d'actions d'amélioration du fonctionnement
de ce réseau de distribution.
C'est dans ce cadre qu'un séminaire
de deux semaines a été tenu à
Bujumbura en février 2002 à l'intention
des Directeurs de nos Agences de l'Intérieur
du pays.
Les thèmes abordés
ont aussi bien porté sur l'encadrement
du crédit, les opérations inter-agences
que sur l'action marketing au sein de leurs
entités respectives.
Organisation
Opérationnelle et Informatique.
L'amélioration constante
des structures organisationnelles de la Banque,
qui allient centralisation et décentralisation,
a encore fait l'objet d'une attention particulière
en 2002.
Ainsi, en plus des traditionnelles
réunions de sensibilisation du personnel,
essentiellement les nouveaux agents, les chefs
de section, les préposés à
la saisie, au pointage et au repointage des
opérations, sur les aspects de l'organisation
et de la sécurité opérationnelles,
un exercice de quantification des tâches
et de timing des opérations a été
réalisé avec succès tout
au long de cet exercice.
L'objectif recherché
étant la rapidité et la fiabilité
dans la gestion des opérations, priorités
que s'est depuis longtemps fixées la
Banque en matière de service à
la clientèle.
Dans le domaine informatique,
conscients de l'importance de l'informatique
en tant qu'instrument d'aide à la production,
à la communication, au changement et
à la compétitivité, nous
avons procédé à l'état
des lieux de l'informatisation de la Banque.
A l'issue de cet examen, il
a été notamment établi
des tableaux de bord des contrôles informatiques
et un suivi des consommables informatiques tandis
quétaient organisées des
rencontres de sensibilisation du personnel sur
la sécurité informatique et le
comportement des utilisateurs vis-à-vis
des terminaux et autres matériels informatiques.
PERSPECTIVES
L'exercice 2003 débute
sur des signes d'espoir évidents au point
de vue économique.
En effet, de ce point de vue,
les deux Accords de Crédits signés
avec la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire
International au courant du dernier trimestre
2002 ouvrent la voie à une reprise prochaine
de la coopération financière internationale
et bilatérale étendue à
tous les bailleurs traditionnels du pays.
164 millions de dollars américains
pourraient ainsi être débloqués
en faveur du Burundi cette année dont
46,5 Millions confirmés sur les crédits
Banque Mondiale (34 millions) et FMI (12,5 millions).
Point cependant d'optimisme
béat.
En effet, d'une part, les déblocages
de ces financements sont conditionnés
à la bonne exécution du programme
économique et financier négocié
avec les deux institutions de Bretton Woods,
ce qui impliquera pour le système financier
un environnement réglementaire rigoureux
en matière de crédits, de change
ou de réserves obligatoires.
D'autre part, l'évolution
socio-politique du pays avec ses retombées
sur le plan économique inspire toujours
la prudence quant à la formulation de
perspectives.
A l'environnement 2003 devra
donc répondre un renforcement de nos
instruments de pilotage au triple point de vue
organisationnel, managérial et commercial.
Fort heureusement, nos acquis
en matière de développement commercial,
d'organisation opérationnelle et d'efficience
du réseau sont autant d'atouts dans la
réalisation des objectifs 2003.
En prolongement des stratégies
arrêtées en 2002, qui étaient
bâties sur la «gestion opérationnelle»,
ces objectifs sont articulés autour de
quatre axes principaux: