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RAPPORT D'ACTIVITES 2003 | 30 janvier 2004 | 11ème Exercice Social
Rapport du Président du Comité de Direction

Dans cette section

Callixte MUTABAZI, Administrateur Directeur Général: “Parce que nous croyons que ce management recentré sur les métiers de notre Banque est l’indispensable outil de renforcement et d’accompagnement de notre positionnement acquis au cours de ces onze dernières années”

Callixte MUTABAZI, Administrateur Directeur Général : « Parce que nous croyons que ce management recentré sur les métiers de notre Banque est l’indispensable outil de renforcement et d’accompagnement de notre positionnement acquis au cours de ces onze dernières années »

ors de notre message clôturant l’exercice 2002 nous prédisions un environnement 2003 toujours défavorable aux affaires, marqué par une politique monétaire de rigueur et une reprise mitigée de la coopération financière internationale.

Défavorable l’aura finalement été cet environnement, le suivi du programme des réformes macroéconomiques convenues avec le FMI et la Banque Mondiale ayant conduit la Banque Centrale à resserrer tous les dispositifs réglementaires et prudentiels à l’exception de la seule réglementation de change.

Ainsi au niveau de la constitution des provisions, alors qu’une créance déclarée douteuse ne devait être intégralement provisionnée qu’au bout de 24 mois sans mouvement créditeur couvrant les intérêts et les commissions, cette période de suivi et de recherche de solutions alternatives a été ramenée à 6 mois depuis février 2003.

Ceci n’a pas été sans conséquence pour les résultats des banques et institutions financières dont la comparaison avec les résultats 2002 devra tenir compte de cet aspect.

Dans le même temps, le taux des réserves obligatoires passait de 7,5 à 8,5% avec instauration d’une tolérance zéro quant à leur insuffisance tandis que le refinancement, autre instrument de la politique monétaire de la Banque Centrale, sur lequel d’éventuels dépassements sont désormais lourdement chargés, était fortement réduit et revu sur une base mensuelle depuis janvier 2003.

Fort heureusement, et suivant en cela le calendrier des réformes convenues avec les deux institutions de Bretton Woods, le change a été progressivement libéralisé tout au long de l’exercice, libéralisation qu’ont opportunément accompagnée de substantiels déblocages de fonds des bailleurs tant multilatéraux, bilatéraux que des ONGs permettant ainsi au Marché des Enchères de devises de demeurer animé toute l’année et à l’International Banking de garder une activité soutenue.

Paysage économique que nous avions quant à nous prévu et anticipé en arrêtant des stratégies propres à consolider les réalisations de la Banque i.e. le développement de tous ses portefeuilles d'activité, le renforcement de la contribution du réseau à la réalisation des résultats ainsi que l'induction de gains de productivité par les rationalisations de l'organisation fonctionnelle et opérationnelle.

Stratégies d'anticipation qui nous ont aidé à déterminer des orientations et à prendre des options prioritaires et ainsi neutraliser les effets indésirables de ces mutations réglementaires et environnementales.

Les résultats de ces actions, dont les piliers ont été un encadrement plus rigoureux des crédits, une nouvelle impulsion donnée à notre politique de distribution, l'essor de l'activité à l'International Banking et la réduction des frais généraux, sont assurément appréciables, l'exercice 2003 se clôturant avec un bénéfice net pour la quatrième année consécutive au delà du milliard de francs, à 1.110,5 M avantageusement comparable à celui de l'exercice 2002, qui s'était établi à 1.085,3M.

Performances maintenues donc, et d'autant plus appréciables qu'elles incorporent aussi les nouvelles dispositions Banque Centrale en matière de provisions, qui se sont traduites par un important effort de provisionnement porté sur l'exercice 2003.

Elles attestent d'une amélioration continue de la rentabilité opérationnelle de la Banque.

Un Encadrement plus Rigoureux des Crédits

En matière de crédits, la politique de la Banque en marche depuis 2001 privilégie la maîtrise des encours et le strict encadrement du portefeuille.

Eu égard à l'environnement réglementaire resserré et au contexte économique caractérisé par la dégradation des indicateurs macroéconomiques, l'altération de l'appareil économique et l'accentuation de la pauvreté des populations, cette démarche a été renforcée en 2003 suivant deux orientations majeures :

  • un audit approfondi du portefeuille s'appuyant sur une classification qualitative des risques opérée dès le mois de janvier 2003 ;

  • une reformulation des fonctions du Responsable des crédits optimisant l'organisation et la gestion du portefeuille : fixation de plans et objectifs, suivi régulier des performances des chargés de relations.

Ces orientations, qui ont fait l'objet de nombreuses réunions d'évaluation, de formation et d'information, ont permis un strict monitoring de l'activité Crédit dans ses dimensions encadrement et recouvrement avec des résultats fort appréciables.

Nouvelle Impulsion donnée à notre Politique de Distribution

En janvier 2003 la Banque a imprimé un nouveau tournant à sa politique de distribution avec le retour à l'implantation d'agences et guichets sur sites de travail, c'était avec l'inauguration de l'Agence du Port de Bujumbura.
Sept mois plus tard, et après l'ouverture de trois guichets bancaires de plein exercice sur sites elle reprenait l'étoffement du réseau au niveau national par l'établissement d'une nouvelle agence à l'intérieur du pays, à Rumonge.

Cette nouvelle impulsion donnée à notre politique de proximité traduit la maturité de cette politique démarrée dès la naissance de la Banque, en 1993, avec l'ouverture du guichet Brarudi.

Elle témoigne de notre capacité à assurer à notre clientèle un accompagnement bancaire libre de toute contingence spatio-temporelle et apte à répondre optimalement à ses attentes.

Forts de cette maturité et considérant que la rapidité et la fiabilité dans la gestion des opérations sont d'importants paramètres du service à la clientèle nous avons consolidé cet accompagnement par la mise sur pied de nouveaux instruments de contrôle des opérations inter-agences et de nouveaux supports de suivi des crédits en agences.

Ces actions de développement et de consolidation des implantations commerciales ont fortement contribué à l'efficience de notre réseau de distribution qui fait désormais référence sur le marché bancaire burundais.

Renforcement de l'Approche Commerciale à l'International

Parallèlement à ce développement de la Banque de réseau, une orientation visant à augmenter les revenus a été imprimée à notre politique commerciale à travers plusieurs actions de recherche et de fidélisation de la clientèle devises, d'organisation interne et d'offre de nouveaux produits à l'International Banking.

Ainsi au niveau interne, dans le but de mieux répondre aux attentes de la clientèle, la section change a été réorganisée pendant que dans le même temps était opéré un encadrement de proximité de notre clientèle devises.

S'agissant des paiements en devises, la Banque est depuis août 2003 affiliée aux réseaux VISA et EUROCARD/MASTERCARD, ce service de " cash advance " venant compléter le système traditionnel de paiement et le service de transfert et de paiement FIRST REMIT déjà en vigueur à ses guichets.

Toutes ces démarches se sont accompagnées d'un encadrement continu de la clientèle qui s'est surtout focalisé sur l'explication des diverses modifications du Règlement Général de Change intervenues durant l'exercice.

Réduction des Frais Généraux

Si augmenter les revenus est une condition indispensable à l'amélioration des résultats, elle reste bien insuffisante si elle n'est pas suivie d'une maîtrise réussie des frais généraux d'exploitation.

En effet, face au formidable écrasement des marges, amplifié par une augmentation très nette du coût de la ressource due entre autres à la déformation de la structure des dettes envers la clientèle au profit des ressources chères et au détriment des dépôts non ou faiblement rémunérés, la réduction des frais généraux devient un objectif prioritaire.

Aussi avons-nous mené une réflexion constante sur ces frais, dont la progression au cours de ces dernières années, quoique progressivement ralentie, n'a cessé d'obérer la rentabilité de la banque.

Cette réflexion a notamment abouti à la mise en place d'une entité décentralisée de gestion des services généraux dénommée Futura Management Applications, en abrégé FUMAP.

D'orés et déjà, cette nouvelle entité a adopté d'importantes mesures touchant à la gestion des imprimés et fournitures de bureau, du carburant ou des frais de communication avec des retombées fort probantes.

Bien plus, ces mesures ont été complétées par l'allègement de toutes les organisations fonctionnelles dans le but d'accélérer la décroissance des dépenses d'exploitation.

Ce sont entre autres ces actions qui ont permis à la Banque de s'adapter rapidement à l'environnement économique dégradé de l'exercice 2003.

PERSPECTIVES

Les développements politiques intervenus en cette fin 2003 fondent de grands espoirs quant à un retour rapide de la paix civile et, conséquemment, une reprise soutenue de l'activité économique et de l'aide financière internationale.

D'ores et déjà, d'importants déblocages de fonds sont attendus en 2004 sur les programmes en cours avec les deux institutions de Bretton Woods, l'Union Européenne et le PNUD.

Ils seront sans doute conditionnés au respect du calendrier des réformes convenu avec le Gouvernement et l'Autorité Monétaire en matière de politique budgétaire, de crédit et de change.
Réformes qui impliquent un environnement réglementaire toujours resserré pour le système financier, à l'instar de l'exercice 2003, que ce soit pour le refinancement, les réserves obligatoires ou la réglementation prudentielle.

A ce contexte 2004 devra donc répondre un " management de proximité " qui signifie recherche de gains d'opportunité, économies d'échelle, rationalisations internes propres à éviter gaspillages et dysfonctionnements ainsi que productivité optimale de tous nos portefeuilles d'activité.

C'est de cette seule façon que l'exercice 2004 pourra confirmer notre position sur le marché bancaire burundais.

Parce que nous croyons que ce management recentré sur les métiers de notre Banque est l'indispensable outil de renforcement et d'accompagnement de notre positionnement acquis au cours de ces onze dernières années.
Renforcement et accompagnement qui passent par la consolidation des résultats, dont l'évolution est menacée par l'érosion des marges et la montée des risques de crédits.

Aussi pour l'exercice 2004, la conduite du management de la Banque continuera à être appréhendée comme la gestion d'un portefeuille d'activités, diversifié dans ses services, ses sections et agences.

Vision qui commande que ces entités soient gérées comme d'autonomes centres de profits et de coûts dont les capacités contributives à la réalisation du résultat doivent être régulièrement suivies et analysées.

C'est au partage de cette vision que j'invite le Staff et tout notre corps social, pour des résultats encore améliorés en 2004.

Callixte Mutabazi

 

                 
 
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