| Callixte MUTABAZI, Administrateur
Directeur Général
: « Parce que
nous croyons que ce management recentré
sur les métiers de notre Banque est
l’indispensable outil de renforcement
et d’accompagnement de notre positionnement
acquis au cours de ces onze dernières
années » |
ors
de notre message clôturant l’exercice
2002 nous prédisions un environnement
2003 toujours défavorable aux affaires,
marqué par une politique monétaire
de rigueur et une reprise mitigée de
la coopération financière internationale.
Défavorable l’aura
finalement été cet environnement,
le suivi du programme des réformes macroéconomiques
convenues avec le FMI et la Banque Mondiale
ayant conduit la Banque Centrale à resserrer
tous les dispositifs réglementaires et
prudentiels à l’exception de la
seule réglementation de change.
Ainsi au niveau de la constitution
des provisions, alors qu’une créance
déclarée douteuse ne devait être
intégralement provisionnée qu’au
bout de 24 mois sans mouvement créditeur
couvrant les intérêts et les commissions,
cette période de suivi et de recherche
de solutions alternatives a été
ramenée à 6 mois depuis février
2003.
Ceci n’a pas été
sans conséquence pour les résultats
des banques et institutions financières
dont la comparaison avec les résultats
2002 devra tenir compte de cet aspect.
Dans le même temps, le
taux des réserves obligatoires passait
de 7,5 à 8,5% avec instauration d’une
tolérance zéro quant à
leur insuffisance tandis que le refinancement,
autre instrument de la politique monétaire
de la Banque Centrale, sur lequel d’éventuels
dépassements sont désormais lourdement
chargés, était fortement réduit
et revu sur une base mensuelle depuis janvier
2003.
Fort heureusement, et suivant
en cela le calendrier des réformes convenues
avec les deux institutions de Bretton Woods,
le change a été progressivement
libéralisé tout au long de l’exercice,
libéralisation qu’ont opportunément
accompagnée de substantiels déblocages
de fonds des bailleurs tant multilatéraux,
bilatéraux que des ONGs permettant ainsi
au Marché des Enchères de devises
de demeurer animé toute l’année
et à l’International Banking de
garder une activité soutenue.
Paysage économique que
nous avions quant à nous prévu
et anticipé en arrêtant des stratégies
propres à consolider les réalisations
de la Banque i.e. le développement de
tous ses portefeuilles d'activité, le
renforcement de la contribution du réseau
à la réalisation des résultats
ainsi que l'induction de gains de productivité
par les rationalisations de l'organisation fonctionnelle
et opérationnelle.
Stratégies d'anticipation
qui nous ont aidé à déterminer
des orientations et à prendre des options
prioritaires et ainsi neutraliser les effets
indésirables de ces mutations réglementaires
et environnementales.
Les résultats de ces
actions, dont les piliers ont été
un encadrement plus rigoureux des crédits,
une nouvelle impulsion donnée à
notre politique de distribution, l'essor de
l'activité à l'International Banking
et la réduction des frais généraux,
sont assurément appréciables,
l'exercice 2003 se clôturant avec un bénéfice
net pour la quatrième année consécutive
au delà du milliard de francs, à
1.110,5 M avantageusement comparable à
celui de l'exercice 2002, qui s'était
établi à 1.085,3M.
Performances maintenues donc,
et d'autant plus appréciables qu'elles
incorporent aussi les nouvelles dispositions
Banque Centrale en matière de provisions,
qui se sont traduites par un important effort
de provisionnement porté sur l'exercice
2003.
Elles attestent d'une amélioration
continue de la rentabilité opérationnelle
de la Banque.
Un
Encadrement plus Rigoureux des Crédits
En matière de crédits,
la politique de la Banque en marche depuis 2001
privilégie la maîtrise des encours
et le strict encadrement du portefeuille.
Eu égard à l'environnement
réglementaire resserré et au contexte
économique caractérisé
par la dégradation des indicateurs macroéconomiques,
l'altération de l'appareil économique
et l'accentuation de la pauvreté des
populations, cette démarche a été
renforcée en 2003 suivant deux orientations
majeures :
Ces orientations, qui ont fait
l'objet de nombreuses réunions d'évaluation,
de formation et d'information, ont permis un
strict monitoring de l'activité Crédit
dans ses dimensions encadrement et recouvrement
avec des résultats fort appréciables.
Nouvelle
Impulsion donnée à notre Politique
de Distribution
En janvier 2003 la Banque a
imprimé un nouveau tournant à
sa politique de distribution avec le retour
à l'implantation d'agences et guichets
sur sites de travail, c'était avec l'inauguration
de l'Agence du Port de Bujumbura.
Sept mois plus tard, et après l'ouverture
de trois guichets bancaires de plein exercice
sur sites elle reprenait l'étoffement
du réseau au niveau national par l'établissement
d'une nouvelle agence à l'intérieur
du pays, à Rumonge.
Cette nouvelle impulsion donnée
à notre politique de proximité
traduit la maturité de cette politique
démarrée dès la naissance
de la Banque, en 1993, avec l'ouverture du guichet
Brarudi.
Elle témoigne de notre
capacité à assurer à notre
clientèle un accompagnement bancaire
libre de toute contingence spatio-temporelle
et apte à répondre optimalement
à ses attentes.
Forts de cette maturité
et considérant que la rapidité
et la fiabilité dans la gestion des opérations
sont d'importants paramètres du service
à la clientèle nous avons consolidé
cet accompagnement par la mise sur pied de nouveaux
instruments de contrôle des opérations
inter-agences et de nouveaux supports de suivi
des crédits en agences.
Ces actions de développement
et de consolidation des implantations commerciales
ont fortement contribué à l'efficience
de notre réseau de distribution qui fait
désormais référence sur
le marché bancaire burundais.
Renforcement
de l'Approche Commerciale à l'International
Parallèlement à
ce développement de la Banque de réseau,
une orientation visant à augmenter les
revenus a été imprimée
à notre politique commerciale à
travers plusieurs actions de recherche et de
fidélisation de la clientèle devises,
d'organisation interne et d'offre de nouveaux
produits à l'International Banking.
Ainsi au niveau interne, dans
le but de mieux répondre aux attentes
de la clientèle, la section change a
été réorganisée
pendant que dans le même temps était
opéré un encadrement de proximité
de notre clientèle devises.
S'agissant des paiements en
devises, la Banque est depuis août 2003
affiliée aux réseaux VISA et EUROCARD/MASTERCARD,
ce service de " cash advance " venant
compléter le système traditionnel
de paiement et le service de transfert et de
paiement FIRST REMIT déjà en vigueur
à ses guichets.
Toutes ces démarches
se sont accompagnées d'un encadrement
continu de la clientèle qui s'est surtout
focalisé sur l'explication des diverses
modifications du Règlement Général
de Change intervenues durant l'exercice.
Réduction
des Frais Généraux
Si augmenter les revenus est
une condition indispensable à l'amélioration
des résultats, elle reste bien insuffisante
si elle n'est pas suivie d'une maîtrise
réussie des frais généraux
d'exploitation.
En effet, face au formidable
écrasement des marges, amplifié
par une augmentation très nette du coût
de la ressource due entre autres à la
déformation de la structure des dettes
envers la clientèle au profit des ressources
chères et au détriment des dépôts
non ou faiblement rémunérés,
la réduction des frais généraux
devient un objectif prioritaire.
Aussi avons-nous mené
une réflexion constante sur ces frais,
dont la progression au cours de ces dernières
années, quoique progressivement ralentie,
n'a cessé d'obérer la rentabilité
de la banque.
Cette réflexion a notamment
abouti à la mise en place d'une entité
décentralisée de gestion des services
généraux dénommée
Futura Management Applications, en abrégé
FUMAP.
D'orés et déjà,
cette nouvelle entité a adopté
d'importantes mesures touchant à la gestion
des imprimés et fournitures de bureau,
du carburant ou des frais de communication avec
des retombées fort probantes.
Bien plus, ces mesures ont été
complétées par l'allègement
de toutes les organisations fonctionnelles dans
le but d'accélérer la décroissance
des dépenses d'exploitation.
Ce sont entre autres ces actions
qui ont permis à la Banque de s'adapter
rapidement à l'environnement économique
dégradé de l'exercice 2003.
PERSPECTIVES
Les développements politiques
intervenus en cette fin 2003 fondent de grands
espoirs quant à un retour rapide de la
paix civile et, conséquemment, une reprise
soutenue de l'activité économique
et de l'aide financière internationale.
D'ores et déjà,
d'importants déblocages de fonds sont
attendus en 2004 sur les programmes en cours
avec les deux institutions de Bretton Woods,
l'Union Européenne et le PNUD.
Ils seront sans doute conditionnés
au respect du calendrier des réformes
convenu avec le Gouvernement et l'Autorité
Monétaire en matière de politique
budgétaire, de crédit et de change.
Réformes qui impliquent un environnement
réglementaire toujours resserré
pour le système financier, à l'instar
de l'exercice 2003, que ce soit pour le refinancement,
les réserves obligatoires ou la réglementation
prudentielle.
A ce contexte 2004 devra donc
répondre un " management de proximité
" qui signifie recherche de gains d'opportunité,
économies d'échelle, rationalisations
internes propres à éviter gaspillages
et dysfonctionnements ainsi que productivité
optimale de tous nos portefeuilles d'activité.
C'est de cette seule façon
que l'exercice 2004 pourra confirmer notre position
sur le marché bancaire burundais.
Parce que nous croyons que ce
management recentré sur les métiers
de notre Banque est l'indispensable outil de
renforcement et d'accompagnement de notre positionnement
acquis au cours de ces onze dernières
années.
Renforcement et accompagnement qui passent par
la consolidation des résultats, dont
l'évolution est menacée par l'érosion
des marges et la montée des risques de
crédits.
Aussi pour l'exercice 2004,
la conduite du management de la Banque continuera
à être appréhendée
comme la gestion d'un portefeuille d'activités,
diversifié dans ses services, ses sections
et agences.
Vision qui commande que ces
entités soient gérées comme
d'autonomes centres de profits et de coûts
dont les capacités contributives à
la réalisation du résultat doivent
être régulièrement suivies
et analysées.
C'est au partage de cette vision
que j'invite le Staff et tout notre corps social,
pour des résultats encore améliorés
en 2004.